Fraternité, j’écris ton nom

Les bénévoles jouent un rôle aussi discret qu’important dans l’accompagnement des personnes en fin de vie. Président du collège « Associations de bénévolat » au sein de la SFAP, M. Philippe Le Pelley Fonteny apporte des éclairages sur le rôle des bénévoles en tant que témoins de fraternité.

Philippe Le Pelley Fonteny

Philippe Le Pelley Fonteny

Il faut convenir que la visibilité des bénévoles d’accompagnement des personnes gravement de malades ou en fin de vie en France est insuffisante.

Pourtant le législateur a inscrit dans la loi de juin 1999 visant à garantir le droit à l’accès aux soins palliatifs pour tous la place incontournable du bénévolat d’accompagnement. Des bénévoles, recrutés, formés à l’accompagnement de la fin de vie appartenant à des associations, peuvent, avec l’accord de la personne malade ou de ses proches et sans interférer dans les soins, apporter leur concours en participant à l’ultime accompagnement du malade en confortant l’environnement psycho-social de la personne malade et de son entourage.

Des associations reconnues

Les associations qui organisent l’intervention des bénévoles se dotent d’une charte qui définit les principes qu’ils doivent respecter dans leur action. Ces principes comportent notamment le respect des opinions philosophiques et religieuses de la personne accompagnée, le respect de sa dignité et de son intimité, la discrétion, la confidentialité.

Elles concluent avec les établissements de santé publics ou privés, sociaux et médico-sociaux, une convention conforme à une convention type.

Seules les associations ayant signé cette convention peuvent organiser l’intervention des bénévoles au domicile des personnes malades.

Avec près de 7.000 accompagnants bénévoles dans plus de 200 associations adhérentes à la Société Française d’Accompagnement et de Soins Palliatifs (SFAP), ce mouvement citoyen depuis plus de 30 ans aux côtés des professionnels de santé, répond à une mission impérative de présence et d’écoute des personnes gravement malades, du grand âge, en fin de vie, de leurs proches et l’accompagnement du deuil.

Le bénévole est ce citoyen qui dit à un autre citoyen : « je me rends disponible pour t’écouter, pour témoigner de ta place dans la communauté sociale tel que tu es et jusqu’au bout de ta vie »

Le bénévole, un témoin de fraternité

Le bénévole n’est ni un soignant, ni un psychologue,…… ni même un membre de la famille.

Le bénévole accompagnant n’est pas lié par un contrat thérapeutique à celui qu’il accompagne, il n’a aucune histoire commune dans un lien familial ou amical, il n’est donc pas «investi» par la personne malade d’une « compétence » particulière qui pourrait lui apporter la guérison…..

Il est présent au temps de l’autre. Il est le fil tendu de la solidarité humaine.

Ses aptitudes, c’est d’être impliqué dans une présence qui peut être silencieuse mais qui offre sa disponibilité et qui plus est, se situe dans un « non – savoir» sur l’autre, sans projet, sans attentes de résultats particuliers.

Renoncer à l’illusion du bénévole parfait, d’un « bon accompagnement », c’est une façon de reconnaître pour l’autre sa fragilité, sa vulnérabilité. C’est cette «révolution sociétale» que porte le bénévolat d’accompagnement, pour laquelle la vulnérabilité de chacun est acceptée et reconnue.

Les aptitudes et les qualités pour un accompagnant bénévole sont de l’ordre de l’implication, de la solidarité, du renoncement, de l’humilité… Cela à voir avec les valeurs de la République et ce rappel de l’appartenance à notre communauté de cette personne qui fait l’expérience de la maladie et pour certains de la fin de leur vie.

Enfin, les associations de bénévoles d’accompagnement ont la possibilité d’être agréées comme représentantes des usagers dans le système de santé. Elles participent à l’organisation et la dynamique de la démocratie sanitaire (loi de mars 2002) visant à la qualité et à la continuité des soins pour chaque personne malade.

Cette manière d’être du bénévolat constitue d’après le professeur Didier Sicard « l’ossature de l’espérance d’une société plus humaine ».

La richesse de la rencontre émerge de l’instant présent, de la disponibilité offerte, de la confiance qui s’établit au rythme de chacun et de l’absence de jugement.

Faisons nôtre cette pensée du médecin philosophe Moïse Maïmide « soutiens la force de mon cœur pour qu’il soit toujours prêt à servir le pauvre et le riche, l’ami et l’ennemi, le bon et le mauvais. Fais que je ne vois que l’homme dans celui qui souffre ».

 

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